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Maxima, SA – Création d’un meilleur Haïti, littéralement.

Il était difficile de rester concentré sur ce que disait Evelien. Je n’arrêtais pas de me demander si c’étaient les bras de George W. Bush qui étaient si court, ou si c’est le jeune homme haïtien qu’il avait embrassé qui était trop grand. Et comment Bill Clinton a pu être relégué sur le côté? Sentant ma distraction, Evelien m’a dit que la photo a été prise de façon tres inattendue. Il n’était pas prévu pour les ex-présidents américains de me rendre visite” C’est une histoire semblable à celle d’Evelien – l’histoire qui l’a portée, elle et son mari Kees des Pays-Bas à Haïti, il y a  plus de 25 ans de cela.

Evelien de Gier est une femme hollandaise de petit gabarit dont les traits sont agrémentés par son air de compassion. On ne peut s’empêcher de s’asseoir un peu plus droit en sa présence. C’est une caractéristique utile, qui vous attire inévitablement à écouter son point de vue. C’est un point de vue qui n’est généralement pas commun en Occident. Lorsque des images de ruines, d’enfants mourants et de tentes remplissent nos yeux d’Occidentaux, Evelein voit une autre facette d’Haïti, c’est l’image d’un rosier. Elle croit en l’avenir d’Haïti. Contrairement à la plupart de ses compatriotes. Elle refuse de regarder Haïti à la façon d’un étranger. Evelien se considère Haïtienne et s’est consacrée depuis plus de 25 ans à redéfinir ce qu’est être Haïtien.

“Maxima a démarré comme un projet de création d’emplois, dit-elle de sa compagnie. “Nous avons choisi le style « usine », parce que nous croyons fermement que seuls de véritables emplois sauront remettre les gens sur leurs pieds.”

Au-delà d’un espace occupé par des chariots élévateurs à fourche, les livraisons de bois, et les travailleurs se bousculant, se trouve le complexe industriel de Maxima. Ayant démarré comme un fabricant d’armoires et de cercueils, la société se concentre désormais plus sur la construction d’abris provisoire pour les victimes du tremblement de terre. Efficace et bien entretenue, l’opération pourrait facilement être confondue avec l’un des fabricants de meubles légendaires de la Caroline du Nord: Thomasville, High Point, ou Stanley.

Mais ce n’est pas le cas. L’entreprise est située dans une rue poussiéreuse et chaotique de Port-au-Prince, et alors que beaucoup de matières premières de l’entreprise sont importées – ce n’est pas nécessairement un inconvénient étant donné les problèmes chroniques de déforestation d’Haïti – ses produits sont assemblés avec la main d’œuvre haïtienne du début à la fin.

Tout cela semble si peu probable, et ce que Evelien fait valoir est l’un des plus grands problèmes d’Haïti: la perception. Elle déplore le vocabulaire utilisé dans tous les articles de la presse étrangère: « Haïti, pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental…»

“Nous devons renforcer la confiance dans nos entreprises», dit-elle. «Les organisations internationales ne connaissent pas nos capacités alors pourquoi devrions-nous être surpris qu’elles viennent ici avec leurs sous-traitants étrangers? Nous devons faire passer le mot. Nous devons montrer que nous avons des pratiques industrielles ici. ”

Dans les mois qui ont suivi le séisme, Maxima a connu un changement ironique dans ses priorités, et la façon dont l’entreprise a répondu à la crise démontre clairement les possibilités du marché haïtien. Pendant des décennies, la société s’est concentrée sur la fabrication de cercueils haut de gamme. La qualité est telle que certains salons funéraires locaux, avec qui, elle a l’habitude de vendre, pensaient qu’elle faisait de l’importation parce que les gens ne pouvaient simplement pas croire que ces produits étaient réalisés en Haïti. Mais même si le séisme a fait 250.000 morts, les ventes de Maxima ont chuté. Moins de gens pouvaient se permettre leurs produits, et les cercueils offerts en don par les États-Unis ont contribué à un ralentissement des commandes. Mais l’entreprise a su s’adapter rapidement pour répondre à l’évolution du contexte, et avec ses nouvelles capacités, elle est passée de 60 à 260 employés.

“Nous avions l’habitude de faire des cercueils et des armoires de cuisine», explique Evelien. “Maintenant, nous faisons des maisons! Au début, nous pensions juste faire quelques centaines, mais aujourd’hui, nous avons fait 5.000. Et notre taille a augmenté de près de cinq fois. Nous avons été très chanceux de vivre la situation post-tremblement de terre comme une opportunité qui nous a aidé à surmonter notre peine ainsi que nos employés. ”

Pour Maxima, il ne s’agit pas seulement de fournir un abri, il s’agit de pousser les gens à travailler. La philosophie de la société est que le travail est un élément essentiel dans le processus de récupération. Ils ont même créé un organisme de bienfaisance, la Fondation Maxima. Il est dédié à aider les Haïtiens défavorisés à trouver un auto-support, un meilleur mode de vie en leur offrant une formation scolaire et professionnelle, et en les aidant à trouver un emploi.

«Notre mission première est la création d’emplois», dit Gier. «Les Haïtiens sont très disposés à travailler et sont capables de créer des produits de qualité si les circonstances sont bonnes. Dans notre usine, nous avons un niveau professionnel et industriel de construction qui peut fièrement concurrencer les importateurs d’abris fabriqués à l’étranger. ”

cet article a été écrit par Josh Hills, contractant de PDM-H.

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