Building Haiti

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Coming Home to Build A Solid Foundation / Kiskeya : retour au pays pour construire de solides fondations

Pascal Millery’s journey back to Haiti began one morning in the fall of 2008 when a banker came to his office in Irvington, New Jersey to tell him they would not be closing on five loans that day after all. A mortgage broker, Millery was in the business of buying, repairing, and reselling distressed homes. That fall morning was to be a much-awaited payday.

“I was shocked. I said, ‘What are you talking about? We’ve been planning this for months!’ And then he told me he had just gotten an e-mail: something had happened in the market and his bank was suspending lending operations.  In one day, $30,000 in commissions just flew away like the wind.”

What followed was the collapse of the U.S. housing market. After 20 years, Pascal Millery, one of an estimated 1.2 million Haitians living in the United States, thought it might be time to go home. He returned to Haiti in 2009.

After returning, Millery opened Kiskeya S.A., a company that sells construction materials, equipment, and services, in Port-au-Prince. Encouraged after getting several contracts last year to transport supplies for Habitat for Humanity, Millery contacted Peace Dividend Trust Haiti to register Kiskeya for its online business directory in order to access tenders placed there by the hundreds of nongovernmental organizations working in Haiti.

Just as Millery was getting back on his feet in Haiti, another catastrophe awaited: the 2010 Haitian earthquake. Millery was in his office on January 12, 2010 when he says he “heard a sound like the sky was just opening.”

Millery watched his office sway as everything around him crumbled. Two buildings he owned collapsed, but no one in Millery’s family was hurt. He considers himself incredibly fortunate compared to so many of his compatriots who lost homes and lives. And the response to the earthquake gives him hope. “Haiti had always been good to us, but after what happened you really saw the brotherhood and the love of this country and for your fellow Haitian,” he said.

Pascal Millery, owner of Kiskeya Construction, points to where he plans to install his crusher machinery and warehouse on his property outside Port-au-Prince

Today Kiskeya has grown to 18 employees and Millery is focusing on setting up rock crushing machinery and building two warehouses on a four-acre tract in the Port-au-Prince suburb of Tabarre, which will soon serve as his main company location.

Millery believes that providing what he calls U.S.-style customer service and doing a little thinking outside the box will give him an edge over his competitors. He said he obtained several jobs to transport supplies because he found a way to deliver them more quickly than other firms. He’s laying plans for his fleet of trucks to work at night to avoid Port-au-Prince’s legendary traffic jams and speed up deliveries even more.

“A lot of companies here are used to doing business in an environment where nobody really demands anything. They tell customers I can give you this service in two days, and that’s it.  Having spent some time out of this country I now know that it doesn’t work like that, your customer has to be happy with the service you are providing.”

Pascal Millery of Kiskeya Construction shows the precious aggregate that will be refined by machinery he’s set to install on his property outside Port-au-Prince.

Millery applauds the campaign by President Michel Martelly to encourage the Haitian diaspora to invest in and return to Haiti. Last week, the president was quoted in Haiti’s leading newspaper Le Nouvellisteas assuring entrepreneurs and investors that his government will put a business-friendly environment in place. However, Millery notes that much remains to be done, particularly with regards to bureaucratic delays and hurdles involved in getting a business license, which is critical to start-up firms for reasons ranging from opening a bank account to importing goods.

“If you’re inviting people to come do business here you need to change this,” Millery said. “When I open a business, I’m going to make this country money and I’m going to help lower the unemployment rate. So it needs to be a smooth process. I’m more tolerant of these problems because I’m Haitian. But others are not. They’ll just go the Dominican Republic and get it done right away. I’m telling you as a businessman, that’s the truth.”

Armed only with his cell phone, Blackberry, and laptop, Millery nevertheless fills his tiny office with a Jersey-style brash confidence that can only give Haiti hope. He insists he and his family are back home to stay and sees limitless opportunity in the construction sector not only for his company but for Haiti itself.

“We have an opportunity for this country to be rebuilt the right way, to put a new system of construction codes in place. People used to just build anyway they wanted to.” He compares Haiti to the cinderblocks that his crushed aggregate will eventually be used to construct, but which in the past have often been built improperly.

“If a cinderblock isn’t made the right way,” he said, “then you won’t have a solid foundation.”

 Kiskeya : retour au pays pour construire de solides fondations

Le retour en Haïti de Pascal Millery a débuté un matin d’automne 2008, lorsqu’un banquier s’est présenté à son bureau, à Irvington, New Jersey (États-Unis), pour lui annoncer que, finalement, cinq prêts ne lui seraient pas accordés ce jour là. Courtier en hypothèque, Pascal Millery achetait, rénovait et revendait des maisons en mauvais état. Ce jour là devait être celui, tant attendu, où il encaisserait le fruit de ses efforts.

« J’étais sous le choc. J’ai dit : ‘qu’est-ce que vous voulez dire ? Nous travaillons là-dessus depuis des mois !’ Il m’a répondu qu’il venait de recevoir un courrier électronique : il venait de se passer quelque chose sur le marché et sa banque suspendait ses opérations de prêt. En un instant, 30 000 USD de commissions venaient de s’envoler. »

Sous peu, les maisons que Pascal Millery tentait de vendre vaudraient moins que le prix auquel il les avait payées. Le marché immobilier américain venait de s’effondrer. Et après 20 ans passés aux États-Unis, Pascal Millery, l’un des 1,2 million d’Haïtiens que compte le pays, songea que le moment était peut être venu de rentrer à la maison.  Il est donc rentré en Haiti en 2009.

À son retour, au cours de l’été 2009, Pascal Millery a créé Kiskeya S.A., société spécialisée dans la vente de matériaux, d’équipements et de services de construction, avec un bureau dans le quartier de Turgeau, à Port-au-Prince. Encouragé par l’obtention, l’an dernier, de plusieurs contrats de transport de matériel pour Habitat for Humanity, Pascal Millery a récemment contacté Peace Dividend Trust Haiti pour inscrire Kiskeya dans l’annuaire en ligne (http://haiti.buildingmarkets.org/) afin d’être en mesure d’accéder aux offres publiées sur le site par les centaines d’organisations non gouvernementales qui opèrent en Haïti.

A peine que Millery commençait à se remettre sur ses pieds qu’une autre catastrophe le frappa : le séisme de 2010 en Haiti. Il était dans son bureau, le 12 janvier 2010, lorsqu’il entendit « un grondement, comme si les cieux venaient de se déchirer », se souvient-il.

Millery regardait son bureau se balancer pendant que tout autour de lui s’écroulait.  Les deux autres bâtiments qu’il possédait se sont effondrés, mais personne chez les Millery n’a été blessé, et il se considère comme chanceux par comparaison avec tant de ses compatriotes qui ont perdu leur maison ou la vie. Et la réponse au tremblement de terre lui a apporté de l’espoir. « La terre d’Haïti a toujours été bonne pour nous, mais après ce qui s’est passé, nous avons vraiment vu la fraternité et l’amour de ce pays, ainsi que celui de nos compatriotes haïtiens », explique-t-il.

Aujourd’hui, Kiskeya emploie 18 salariés, et Millery travaille à la mise en place d’installations de broyage de décombres et à la construction de deux entrepôts sur un terrain de deux hectares à Tabarre, dans la banlieue de Port-au-Prince, où il transportera bientôt le siège de sa société.

Pascal Millery est convaincu que la mise à la disposition de ses clients d’un service clientèle à l’américaine et la capacité à réfléchir hors des sentiers battus devraient lui permettre de prendre une longueur d’avance sur la concurrence. Il explique qu’il a obtenu plusieurs commandes de transport de matériel parce qu’il avait trouvé le moyen d’effectuer les livraisons plus rapidement que la concurrence. Il prévoit de faire effectuer à ses camions des rotations nocturnes pour éviter les légendaires embouteillages de Port-au-Prince et accélérer encore les livraisons.

« Ici, nombreuses sont les entreprises qui ont l’habitude de travailler dans un environnement dans lequel personne n’attend réellement quoi que ce soit. Elles expliquent à leurs clients qu’elles peuvent leur offrir un service en deux jours, et ça s’arrête là. Parce que j’ai passé des années à l’étranger, je sais désormais que ça ne marche pas de cette manière. Il faut que le client soit satisfait du service que vous lui offrez. »

Pascal Millery applaudit des deux mains la campagne du Président Michel Martelly pour encourager la diaspora haïtienne à investir en Haïti et à rentrer au pays. La semaine dernière encore, le grand journal haïtien Le Nouvelliste reprenait les propos du Président qui assurait aux entrepreneurs et aux investisseurs que sous son autorité, le gouvernement mettrait en place un environnement favorable aux entreprises.
Pascal Millery ne peut néanmoins s’empêcher de remarquer que beaucoup reste encore à faire, en particulier en termes de retards bureaucratiques ou concernant les démarches complexes dans le maquis administratif nécessaire pour obtenir une licence professionnelle ou commerciale pourtant indispensable aux nouvelles entreprises, pour des raisons allant de l’ouverture d’un compte bancaire à l’importation de marchandises.

« Pour que l’appel lancé aux entrepreneurs à s’installer en Haïti soit crédible, il est impératif de changer cet état de choses », explique Pascal Millery. « En créant une entreprise, je contribue à enrichir le pays et à faire baisser le chômage. Il faut donc que la procédure se déroule en douceur. J’ai plus de tolérance à l’égard de ces problèmes car je suis Haïtien. Ce n’est pas le cas d’autres investisseurs. Ils iront en République dominicaine car les choses ne vont pas traîner. Je vous explique le point de vue de l’homme d’affaires, et c’est la réalité. »

Armé de son téléphone portable, d’un Blackberry et d’un ordinateur portable, Pascal Millery n’insuffle pas moins à ce modeste bureau qu’une confiance et une assurance enthousiastes, forgées dans le New Jersey et qui ne peuvent qu’être gage d’espoir pour Haïti. Il  martèle que sa famille et lui sont revenus définitivement et qu’il considère qu’en Haïti, les opportunités dans le secteur de la construction sont illimitées, non seulement pour sa société, mais pour le pays tout entier.

« Nous avons l’occasion de reconstruire ce pays sur des bases solides, en particulier en mettant en place un nouveau système de code du bâtiment. Les gens avaient l’habitude de construire n’importe comment. » Il compare Haïti aux parpaings que son granulat broyé servira à fabriquer, mais qui, par le passé, ont été utilisés pour construire parfois en dépit du bon sens.

« Lorsqu’un parpaing est mal fait, dit-il, les fondations ne sont pas solides. »

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2 Comments

  1. Elizabeth Einhorn says:

    Now, there is a man who will make a difference in his country.

  2. Miriam Gitterman says:

    I wish stories like this were published in main stream newspapers in the US.

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