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Le Nouvelliste: L’entrepreneuriat en Haïti : un antidote à la pauvreté

Note: This article about Global Entrepreneurship Day in Haiti appeared in Le Nouvelliste on November 18, 2011. http://lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=99407&PubDate=2011-11-17

A l’initiative de la Peace Dividend Trust et de l’ambassade du Canada, la Journée mondiale de l’Entrepreneuriat a été célébrée en Haïti le 17 novembre 2011 à travers une cérémonie d’échanges entre universitaires et personnalités importantes du gouvernement et du secteur des affaires.

Haïti: Une soixantaine d’étudiants d’universités et d’écoles techniques de la place ont participé à la Journée mondiale de l’Entrepreneuriat, organisée à Pétion-Ville le 17 novembre 2011 par la Peace Dividend Trust et l’ambassade du Canada. « Les défis et potentiels de l’entrepreneuriat en Haïti », tel a été le thème de cet  événement inédit dans le pays, qui s’inscrit dans le cadre de la Semaine mondiale de l’Entrepreneuriat, célébrée annuellement dans plus d’une centaine de pays depuis son lancement en 2004 à l’initiative du Premier ministre du Royaume-Uni, Gordon Brown. Quels sont les défis et les solutions pour lancer une entreprise prospère dans le pays ? Cette question a été au coeur de réflexions dégagées lors de la table ronde tenue à cette occasion par des personnalités importantes du gouvernement, du secteur bancaire et des médias.

Intervenant à ce panel, l’entrepreneur Mathias Pierre, patron de Gama Consulting S.A., a recommandé aux jeunes d’intégrer une dimension sociale dans leur quête de réussite personnelle. « Au-delà des succès individuels, il faut viser le succès collectif », a lancé, lors de sa présentation, Mathias Pierre, qui considère l’entrepreneuriat comme une des plus efficaces solutions pour la réduction de la pauvreté. Mais le P.D.G. de Gama – également fondateur de la Fondation Etre Ayisyen – ne veut pas que les jeunes intéressés au monde des affaires s’illusionnent sur la pratique entrepreneuriale : « C’est à l’épreuve de l’action que l’entrepreneur découvrira les obstacles à surmonter », a prévenu l’entrepreneur.

De son côté, le propriétaire et directeur du Nouvelliste, Max Chauvet, a invité les institutions de formation à développer le goût de l’entrepreneuriat auprès de la nouvelle génération. « Il faut réinventer la façon de concevoir des business en Haïti », a-t-il souligné, tout en insistant sur la nécessité d’aller par une culture de l’innovation au-delà des sentiers battus de l’entrepreneuriat local. « Aujourd’hui, le commerce est essentiellement basé sur les produits importés », a déploré M. Chauvet, qui a plaidé pour la mise en place de mécanismes de liaisons entre universités et secteur privé haïtien pour apporter des réponses concrètes et proportionnelles aux défis de développement national. A ce sujet, le patron du quotidien centenaire haïtien a conseillé aux hommes d’affaires de demain de concevoir de préférence des entreprises de production afin de créer de nouvelles richesses nationales, tant nécessaires à la satisfaction des besoins de la population.

« Si l’Etat veut favoriser l’entrepreneuriat, il doit prendre des dispositions pour faciliter les activités », a déclaré Pierre-André Dunbar, directeur général du ministère du Commerce et de l’Industrie. Dans sa présentation faite sur les modalités de légalisation des entreprises dans le pays, le directeur général du Ministère du Commerce a sensibilisé les étudiants qu’il perçoit comme de potentiels entrepreneurs sur l’importance de l’enregistrement légal des entreprises à l’heure où le marché informel haïtien représente environ 90 % du secteur privé des affaires. « S’il se crée une alliance secteur public-privé et universités, Haïti pourra faire un grand saut vers le développement », a ajouté M. Dunbar.

Dans son intervention, le Dr Lesly Jules – P.D.G. du Centre spécialisé de Leadership – a démontré l’importance du mentorat dans la formation de l’entrepreneur. Si les petites et moyennes entreprises sont considérées à travers le monde comme vecteur de développement économique pour leur contribution à l’intégration sociale, à la création de richesses et à la création d’emplois, pour l’économiste Lesly Jules, il y a nécessité d’exploiter ce potentiel dans l’économie nationale. Et selon le propriétaire du Centre spécialisé de Leadership, les entrepreneurs doivent, en premier plan, contribuer à relever ce défi. « Nombreux sont les entrepreneurs qui réfléchissent d’abord au produit avant le marché », a déploré M. Jules, pour qui une meilleure culture entrepreneuriale (axée sur l’innovation et le risque calculé) doit être encouragée pour surmonter les nombreux obstacles rencontrés par les propriétaires des PME.

Ont participé à cette Journée mondiale de l’Entrepreneuriat des étudiants représentant les institutions de formation comme le CANADO, l’Institut des hautes études commerciales et économiques, le Centre universitaire de management et de productivité, le Centre de technologie moderne d’Haïti, l’Infotronic, la Haiti Tec, l’école de Commerce Julien Craan, la INAGHEI, l’Université Quisqueya et la Fondasyon Etre Ayisyen. Au bout de la séance de discussions avec les entrepreneurs, ces jeunes ont participé à des ateliers où ils ont préparé en groupe leurs propres reflexions sur l’esprit d’entreprise et leurs projets d’entreprise (photo en haut).

La Semaine mondiale de l’Entrepreneuriat vise à porter la jeunesse à cultiver l’esprit d’entreprise afin de trouver des opportunités pour réaliser leurs idées et créer des emplois. Elle a aussi pour objectif de mettre en contact une communauté des jeunes afin de supporter et d’encourager le développement d’idées et d’influencer la politique et la pratique de l’entrepreneuriat.

La Peace Dividend Trust, partenaire de la Journée mondiale de l’Entrepreneuriat en Haïti, est une ONG canadienne évoluant dans le pays depuis août 2009, qui encourage l’achat local en faisant gratuitement le lien entre acheteurs internationaux et les fournisseurs haïtiens à travers son site www.haiti.buildingmarkets.org

Aujourd’hui, avec un répertoire de plus de 3 000 entreprises haïtiennes, cette organisation financée par l’Agence canadienne de développement international (ACDI) a déjà facilité plus de 30 millions de dollars américains de transactions.
Carl-Henry CADET  aloccarlo@hotmail.com

Presentation de l'entrepreneur Mathias Pierre, avec le propietaire du Nouvelliste Max Chauvet.

 

 

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